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Le Somatic Experiencing®, fondé par Peter A. Levine, est une approche douce et puissante qui aide à libérer les empreintes du stress et des traumas. Vous retrouvez sécurité intérieure, stabilité et vitalité.
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Accueil » Somatic Experiencing et stress au travail
La plupart des approches du stress professionnel partent d’une idée implicite : si on comprend mieux, on ira mieux. Alors on analyse, on planifie, on réorganise. On cherche les causes dans les conditions de travail, dans les dynamiques d’équipe, dans les croyances limitantes. Ce travail a sa valeur. Mais il a aussi une limite, et elle est importante.
Le stress chronique ne vit pas seulement dans les pensées. Il vit dans le corps. Dans les épaules qui se contractent au bruit d’une notification. Dans le cœur qui s’accélère avant une réunion redoutée. Dans le ventre noué juste avant de répondre à un mail difficile. Cette dimension corporelle, la plupart des approches classiques ne l’atteignent pas vraiment.
C’est exactement là qu’intervient la Somatic Experiencing. Développée par le Dr Peter Levine, biologiste et psychothérapeute américain, elle agit directement sur le système nerveux autonome pour libérer les empreintes physiologiques du stress chronique et restaurer une sécurité intérieure réelle. Chez Umenity, elle est l’un des piliers de l’accompagnement des femmes cadres et dirigeantes en burn-out ou en post burn-out.
Levine a construit la Somatic Experiencing à partir d’une observation simple, mais dont les implications sont profondes. Les animaux sauvages, exposés quotidiennement à des dangers mortels, ne développent pas de stress post traumatique chronique.
Pourquoi. Parce qu’ils libèrent naturellement l’énergie mobilisée pour survivre. Après une fuite, ils se mettent à trembler, à secouer leur corps, à reprendre une respiration profonde. C’est la décharge naturelle du système nerveux après une activation intense. Chez l’humain, cette décharge est souvent inhibée. Le cortex préfrontal intervient, la pensée rationnelle reprend le dessus, et les normes sociales font le reste. On ne tremble pas en public, on ne pleure pas au bureau, on garde le contrôle. L’énergie non déchargée reste figée. Elle s’accumule.
C’est ce résidu non libéré qui crée les symptômes du stress chronique, hypervigilance, tensions musculaires persistantes, fatigue inexpliquée, réactivité disproportionnée. Pas un problème de volonté. Un problème physiologique, stocké dans le corps, qui ne se résout pas seulement par la pensée.
La Somatic Experiencing s’appuie aussi sur les travaux du neuroscientifique Stephen Porges. Sa théorie polyvagale décrit trois états du système nerveux autonome, que toute personne traversée par le stress chronique reconnaîtra sans peine.
Le premier, l’état de sécurité, régulé par le nerf vague ventral. C’est celui où on peut apprendre, créer, se connecter aux autres, décider avec justesse. Le deuxième, la mobilisation, piloté par le système sympathique : combat ou fuite, adrénaline, cœur qui s’accélère, muscles tendus, cerveau qui scanne les menaces. Le troisième, l’effondrement, activé par le nerf vague dorsal : coupure émotionnelle, apathie, brouillard mental, impression d’être ailleurs.
Le stress chronique et le burn-out créent une alternance pathologique entre ces deux derniers états. La personne bascule de l’hyperactivation à l’effondrement, et revient, sans jamais vraiment retrouver l’état de sécurité. La SE travaille précisément à restaurer l’accès à cet état fondamental, pas comme une parenthèse artificielle, mais comme une base depuis laquelle il devient possible de traverser les situations intenses sans être submergé.
Etude. Porges, The Polyvagal Theory
La sécurité physiologique n’est pas un état mental. C’est un état neurobiologique qui se perçoit dans les viscères, le cœur et le visage. Elle conditionne l’apprentissage, la créativité, la relation authentique et la décision juste.
Pour comprendre l’intérêt de la SE en contexte professionnel, il faut nommer précisément ce qui se passe dans le corps. C’est systématique. C’est prévisible. Et c’est souvent ignoré jusqu’au jour où ça lâche.
La respiration d’abord. Courte, haute, thoracique, sans descente dans le ventre. Cette respiration maintient le système nerveux en activation permanente, et c’est un cercle : le système nerveux la génère, elle entretient le système nerveux.
Les tensions musculaires ensuite. Nuque, trapèzes, mâchoires, diaphragme. Des zones qui se contractent comme des armures face aux menaces perçues. Chez beaucoup de cadres en stress chronique, ces tensions sont devenues si permanentes qu’elles ne les sentent même plus. Elles font partie du fond sonore habituel du corps.
Le sommeil non réparateur. Le corps reste activé même la nuit. Réveils nocturnes, rêves de travail, sensation de se lever déjà fatiguée. Le système nerveux ne distingue plus la fin de la journée de travail.
L’hypervigilance sensorielle. Notifications, voix fortes, bruits d’open space, certains sons précis deviennent des déclencheurs d’alerte. Une sonnerie de téléphone peut suffire à provoquer une montée d’anxiété.
Et la fatigue paradoxale. Le corps est vidé mais ne récupère pas. L’épuisement est total mais le sommeil ne recharge rien. C’est l’une des signatures les plus déroutantes du burn-out avancé.
Une des caractéristiques qui distingue la SE des thérapies d’exposition classiques, c’est la titration. Plutôt que d’amener la personne à revivre une expérience difficile directement, intensément, la SE l’approche par petites touches. Un peu comme un chimiste qui dilue un produit actif pour préserver son effet sans déclencher de réaction violente. On approche une zone difficile, juste un peu, on observe ce qui se passe dans le corps, on revient vers une zone de ressource. Petit à petit, le système nerveux apprend que cette zone n’est pas une menace insurmontable.
La pendulation, c’est le mouvement naturel entre une expérience ressource, une sensation agréable, un souvenir positif, un ancrage corporel, et une expérience difficile. Ce va et vient développe la flexibilité du système nerveux, sa capacité à entrer dans une zone inconfortable, à la traverser, et à en ressortir. C’est précisément ce que beaucoup de personnes en burn-out ont perdu, la conviction que les vagues d’activation finissent toujours par redescendre.
Au cœur de la pratique, il y a l’apprentissage de l’observation intérieure. Pas des pensées, des sensations corporelles. On apprend à nommer ce qu’on ressent dans le corps, une chaleur dans la poitrine, un serrement à la gorge, une lourdeur dans les jambes, sans l’interpréter aussitôt comme une catastrophe. Une tension dans la poitrine devient une information, pas une preuve de danger. Ce passage d’une interprétation anxieuse à une observation bienveillante est déjà, en soi, thérapeutique.
Etude. Brom et collaborateurs, Frontiers in Psychology
Une étude randomisée contrôlée comparant la SE, l’EMDR et la thérapie de traitement cognitif montre que la SE réduit les symptômes traumatiques de 44 pour cent à vingt semaines, avec un maintien des résultats à douze mois.
C’est l’une des incompréhensions les plus fréquentes. On croit que le repos répare tout. Il est nécessaire, certes. Mais il ne suffit pas. Un système nerveux dérégulé après des années de stress chronique ne retrouve pas son équilibre par la seule absence de stimulation. Il a besoin d’une re régulation active, d’un réapprentissage progressif de la sécurité. C’est précisément ce que la SE apporte, et que le repos seul ne peut pas donner.
Pour les femmes accompagnées par Umenity, la SE n’est pas une fin en soi. C’est la fondation physiologique qui rend possible tout le reste. Sans stabilisation du système nerveux, les pratiques de pleine conscience restent superficielles. L’autocompassion reste une idée intellectuelle. Le leadership conscient reste théorique. On comprend, mais on ne change pas vraiment.
Avec cette stabilisation, chaque pratique s’ancre différemment. La personne en reprise après un burn-out, accompagnée en SE, peut traverser l’activation provoquée par un mail stressant, une réunion tendue, un conflit, sans être submergée. Elle retrouve ce que les praticiens appellent une fenêtre de tolérance plus large, la capacité à rester fonctionnelle et présente dans un éventail plus étendu de situations difficiles.
“Le travail somatique, c’est ce qui a tout changé pour moi. Il y avait quelque chose de bloqué malgré la méditation, malgré le suivi psy. La SE a déverrouillé des choses que je portais depuis des années. Je me sens enfin habitée dans mon corps, plus en guerre contre lui.”
Hélène P., directrice de développement, 47 ans, secteur agroalimentaire
La Somatic Experiencing est intégrée à chaque niveau du Programme Éveil d’Umenity. Pas un module isolé, posé là à côté. Un fil qui traverse tout le parcours, en complément des pratiques MBSR, MSC et CNV.
Au niveau Éveil Essentiel, sur deux mois, les participantes apprennent les bases de la régulation somatique : reconnexion au souffle, observation des sensations sans jugement, exercices d’ancrage. Elles apprennent à reconnaître leurs signaux internes précoces, et à utiliser des pratiques courtes, cinq à dix minutes, pour revenir à un état régulé dans la vie quotidienne.
Au niveau Éveil Profond, sur six mois, le travail s’approfondit avec des exercices de pendulation, de titration, d’exploration des zones de charge accumulée. Il s’intègre au contexte professionnel précis : comment se réguler avant une réunion à enjeu, comment décharger après une interaction intense, comment reconnaître les signaux de saturation avant d’atteindre le seuil de rupture.
Etude. Kuhfuss et collaborateurs, European Journal of Psychotraumatology Une revue systématique de quatorze études sur la SE conclut à une efficacité significative dans la réduction des symptômes traumatiques, de l’anxiété et des symptômes somatiques liés au stress. Les améliorations du fonctionnement quotidien sont particulièrement nettes.
Etude. van der Kolk, The Body Keeps the Score Les approches somatiques produisent des changements mesurables dans l’activité de l’amygdale et du cortex insulaire, que les thérapies cognitives seules n’obtiennent pas. La mémoire corporelle implicite, celle qui commande les réactions automatiques, ne s’atteint pas par la parole.
En contexte professionnel, la Somatic Experiencing est particulièrement indiquée pour celles en arrêt maladie pour burn-out qui n’ont pas récupéré malgré le repos. Pour celles en reprise partielle, mais qui continuent à vivre une anxiété forte et une hypervigilance persistante. Pour les managers ayant traversé des événements professionnels difficiles, licenciement brutal, harcèlement, conflit violent. Pour toutes celles qui comprennent intellectuellement leurs difficultés, mais qui ne parviennent pas à changer leurs réactions automatiques.
La SE n’est pas réservée aux traumas sévères. Elle convient à toute personne souhaitant développer une meilleure régulation émotionnelle, une plus grande résilience physiologique, une relation plus apaisée à son propre corps. Dans le monde professionnel actuel, ces trois ressources ne sont plus un luxe.
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